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«Collés, serrés de plus en plus… Collés, serrés jusqu’à ce que vos doigts ne fassent plus qu’un, tellement collés-serrés qu’on ne peut plus les séparer.». A peine ses paroles commencées, mes doigts sont joints ! «Maintenant vous fixez vos doigts, vous les regardez ; puis fermer les yeux.» Je m’exécute. Le monde alentour n’existe plus… «Baissez légèrement la tête et au compte de 3, vous allez dormir.» Le compte commence, j’ai l’impression que devant moi, il y a un tunnel. Noir. « A 2 », je semble progresser dans le tunnel noir ou plutôt le tunnel noir semble m’avale. « A 3 », je suis totalement dans le noir, ma tête tombe comme endormi sur place.

Messmer nous dit de nous lever, d’écouter sa voix et de ne pas le lâcher du regard. De penser à une chanson et de danser dessus en levant les bras. J'obéis tel un pantin désarticulé. Mes bras et mes mains accélèrent la cadence. Mes pieds dansent sans que je ne puisse les contrôler.

Je danse sur "Que je t'aime" de Johnny... Euh... Mais bien sûr !!? :-)

Mon corps et ma tête suivent Messmer qui se déplace dans le public pour choisir ses futurs «cobayes». Autour de moi, j’entends rire (de moi ?). Messmer s’arrête à l’extrémité de l’allée, me pointe du doigt et m’ordonne: «Toi, écoute moi, regarde moi… Tu es désormais Skippy le Kangourou ! Et comme tous les kangourous, tu ne te déplaces uniquement qu’en sautant… Vas-y saute, déplace toi, monte sur la scène en sautant ! »

Vous me croirez ou pas, mais moi, si réservé et mesuré, je quitte mon rang en sautant… Vite et haut… en traversant la salle ! Un agent de sécurité m’aide à monter les marches que je veux appréhender en sautant. Sur scène, je suis libre de mes mouvements, alors je saute, haut et fort, face à la scène… Je saute … Saute … Saute...

Je suis Skippy !

Messmer me dit de m’asseoir au centre de la scène, et il finit son recrutement dans la salle. Oui mais assis, je saute encore avec mes pieds. Fortement, de plus en plus fort. Parfois, je ralentis, mais je continue de plus belle. Je saute, saute… Je suis conscient, j’aimerais arrêter mais non… J’ai soif… C’est physique. Messmer me dit: «Skippy, c’est bon, reste assis, tu ne sautes plus maintenant !»… J’obéis. Incroyable. Ca se calme. Je reprends mes esprits et déglutis. Je me mets à penser que je suis sur scène. Incroyable. Je ne peux plus être sceptique… et pourtant… 

… Sur ma chaise, Skippy semble avoir quitté mon corps et mon esprit. Je réalise ce que je fais là. Je me dis que finalement non, Messmer n’est pas un champion de l’hypnose. Bellair, son assistante et compagne dans la vie, vient derrière moi et me dit sèchement: « Hé Skippy ! tes mains ! » pour me faire mettre les mains style kangourou. Je m’exécute, mais je me dis que je le fais parce que je le veux bien… Rien d’hypnotique dans tout ça. Du coup, je me sens mal. Si Messmer s’aperçoit que je ne suis plus réceptif… Et comment font les autres ? Ne jouent-ils pas la comédie au final, juste pour ne pas avoir honte de faire chuter le spectacle ? N’est-ce pas ainsi que cela fonctionne ? ô mon dieu ! Ne faut-il pas que je descende de scène. Trop tard, Messmer s’avance vers moi...

Messmer, une expérience incroyable !

Il parle au public. Il explique que je suis un bon sujet… («Tu parles !» pensais-je. «Je ne suis plus dans le trip. Je vais être le premier à faire foirer son spectacle.»), que je suis un kangourou et comme tous les kangourous, j’aime les cacahouètes. Et dès qu’il m'en lancera une, je l’attraperai avec la bouche et la mangerai («Mais oui, c'est ça...»)

Messmer me montre une cacahouète virtuelle que je suis censé attraper en plein vol. («ça ne vas pas marcher !» me dis-je). La « caouète » s’envole, et … Je lance ma tête en arrière, la gobe et mâche frénétiquement le néant en déglutissant… Je suis scotché ! Messmer s’amuse à me lancer des cacahouètes virtuelles, lentement puis rapidement, en essayant de me prendre par surprise, et toujours j’ai ce réflexe de choper le néant… Incroyable. Puis le fascinateur annonce au public qu’il va la lancer au ralenti, en ellipse… Je suis du regard cet objet volant non identifié, non existant, qui s’avance dans les airs lentement… Et soudain, Bellair saute, attrape et mange à ma place… Quelle déception !! je la ressens… Messmer me suggère qu’elle n'est pas sympa d’avoir pris ce qui m’appartient. Je lui réponds tel le petit garçon que j’étais jadis: « Ben non, c’est pas gentil. » tout en baissant le regard et faisant une moue de garçonnet dépité par l’injustice. Terrible ressentiment. Mon regard cherche le réconfort de Messmer, un soutien pour tancer Bellair, la voleuse de récompense… Puis il me ramène à la réalité, viens me serrer la main et me demande de dire au public ce que j’ai ressenti… Oui, ce n’est pas truqué. Je suis encore KO par l’effet, comme si je sortais d’une longue nuit.

Je suis membre du club des réceptifs !!

Je suis membre du club des réceptifs !!

Après, pour ne pas dévoiler le spectacle, mes camarades hypnotisés et moi-même avons revécu des scènes de cinéma, transportés dans un monde de rêves et d’imaginaires. Impressionnant ! 

De retour dans le public, le fascinateur tente de faire vivre l’expérience à plus de gens. Il nous dit envoyer plus d’énergie. Je suis encore sous l’emprise. Nous devenons des stars de la musique. Je sens que je vis de plus en plus mes personnages. Mes jambes me poussent à quitter mon rang, ma place. Me voici rappant sur le côté du public, puis jouant de l'air guitar lors d’un concert mythique de rock imaginaire. «Vous êtes à un immense concert. Il y a plus de 200.000 personnes qui vous applaudissent !» crie Messmer sur fond de musique rock endiablée. Mes jambes jouent le jeu, je ne peux les contrôler, mes bras balancent la guitare de haut en bas. Je me mets à courir, traverse le parc expo, cours devant la scène… J’entends Messmer parler du retour de Skippy, et d’un « Stop, deviens statue ! » je me fige instantanément. Après le «désenvoutement», je prends conscience de ma «performance». Je redeviens moi-même, discret. Je rejoins tout penaud ma place sous les «Skippy, une cacahouète ?» de spectateurs hilares. Des gens viennent me demander si j’ai joué la comédie, si c’est vrai... Il y a encore des sceptiques, et c’est normal. C’est si bluffant !!!!!!!!!

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